“Ester, quel est le prix de ton ego ?

Une fois que tu l’as déterminé, tu fixes ton CA en fonction !”

Voici le conseil de Charlène, une entrepreneure.

Charlène a lancé son activité il y a 3 ans.

Elle a bossé d’arrache-pied.

Le marché du mal-être était porteur.

De fait, elle a réalisé 3 ans après un CA très confortable qui lui a permis de constituer une petite équipe.

Elle est adoubée par l’éco-système de l’entrepreneuriat web comme un modèle de réussite au féminin.

Quand j’ai rencontré Charlène, elle a cherché à m’impressionner en me disant qu’elle avait atteint un record de CA mensuel et que ce n’était que le début.

Elle compte ouvrir une filiale aux USA, diversifier son offre de formations en ligne et poursuivre sa croissance.

À ce moment-là, j’ai compris une chose essentielle.

Longtemps je complexais face à genre de femmes confiantes et déterminées.

Heureusement, la pratique du Yoga m’aide à me détacher des apparences.

Surtout, grâce à l’étude des Sutras de Patanjali, j’ai une chose que Charlène n’a pas. 

Cette chose est mon bien le plus précieux à ce jour.

Avec le lancement de mon activité et ma volonté de démontrer ma valeur aux autres, j’ai failli l’oublier. 🙈

Aujourd’hui, je sais ce que signifie « en avoir assez ».

Je ne veux pas ouvrir de filiale aux USA, mon ego ne m’impose plus un chiffre d’affaires à atteindre et j’ai compris qu’aucune somme d’argent ne définissait ma valeur.

D’ailleurs, je pourrais bientôt écrire un livre sur le modèle de l’anti-entrepreneure idéale.

  • Je n’ai pas de vision bien définie, 
  • Je base ma prospection et mes collaborations sur la vibration énergétique et le hasard.
  • Je procrastine de longues heures. Je m’arrête souvent en pleine journée pour lire quelques vers de Victor Hugo ou pour traîner sur TikTok.

Voilà.

Pas de visibilité à 3 ans, pas d’organisation militaire, pas de systèmes pour assurer mon expansion dans différents pays.

Je pense d’ailleurs, qu’un des grands avantages d’être à son compte est cette liberté de ne pas avoir de contraintes sinon celle de son écologie personnelle.

Et parmi ces contraintes, savoir quand on en a assez est la plus importante.

Vous vous souvenez de Bernard Madoff ?

Il est entré dans l’histoire comme le plus grand escroc du 20e siècle pour avoir monté une escroquerie de type Ponzi à 65 milliards de dollars.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec la finance, cela consiste à rémunérer les investissements des clients avec les fonds des nouveaux clients.

Tout va bien jusqu’au jour où l’argent des nouveaux clients n’est plus suffisant.

Dans un tel système, il en faut toujours plus, et ce n’est pas soutenable.

Je sais, ça ressemble un peu à notre modèle de croissance… 

Pour en revenir à Madoff, ce qu’on ne nous a jamais dit est qu’il n’était pas juste un fraudeur.

Pendant des années, il était aussi un homme d’affaires respecté.

Il possédait une société d’investissement qui mettait en relation des acheteurs et des revendeurs d’actions en toute légalité.

Sa société était l’une des plus performantes de Wall Street.

Elle réalisait entre 25 et 50 millions de dollars par an, ce qui assurait à Madoff du prestige et des revenus confortables.

Pourquoi tout mettre en péril ?

Parce qu’il n’a jamais su reconnaître qu' »il en avait assez ».

Parce que si j’écoutais mon ego comme Charlène me le suggère, je serais prise de vertiges.

Attention, j’adore mon ego.

Il m’aide à avancer tous les jours.

Mais mon ego est un puits sans fond !

À chaque palier, dans ses délires de puissance, il me soufflerait d’aller plus loin, plus haut.

« Sky is the limit Ester »

Le risque est de passer sa vie à courir après des choses qu’on ne désire même pas.

Or, n’est-ce pas la définition de la folie ?

Alors cette semaine, j’ai re-calculé exactement de combien j’avais besoin pour vivre confortablement.

J’ai refait le point sur ce qui était vraiment important pour moi.

Et honnêtement, l’expansion aux US et la scalabilité de mon business sont les derniers de mes soucis.

Voilà pourquoi, il est nécessaire de régulièrement revenir à ses aspirations pour ne pas perdre le nord. 

 

.